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Médecine Ecologique et Médecine Chinoise : Connaissance de la Terre et Contemplation

Dr Liliane Papin

Dr Liliane Papin, diplômée de médecine chinoise et Lic. Ac.

Université d’été du 3 au 24 août

Avec:
• Dr Liliane Papin, (USA, titre américain), diplômée de médecine chinoise et Lic. Ac. (USA, acuponcturiste agréée); Auteure du livre “Les Trésors de la médecine chinoise pour le monde d’aujourd’hui” (2015, Courrier du Livre/Trédaniel) et organisatrice de stages et formation sur le thème de “médecine chinoise écologique”
• Jeanne Lacourt, amérindienne de la Tribu Menominee, professeure à l’université du Minnesota et psycho-analyste jungienne.
• Didier Cuzange, chef cuisinier spécialisé en diététique et cuisine vegan

Nous espérons à cette heure et à ce jour, pouvoir offrir nos trois stages d’université d’été. Les enseignements qu’ils offrent sont plus que jamais à l’ordre du jour, pour les changements que nous sommes tous amenés à contempler dans ce présent nouveau et l’avenir qu’il ouvre.

Nous allons bientôt, nous l’espérons tous, sortir du confinement. Qu’est-ce que cela veut dire? Allons-nous reprendre le même chemin? Attendre le nouveau vaccin ou médicament? Comme cela s’est déjà passé, il est fort probable qu’un vaccin ne conviendra plus pour le prochain virus qui sera d’une autre famille. Continuer à s’éviter?

Remarquons que si l’on nous parle beaucoup de gestes barrière, de distance, de confinement, de traçage, de masques, il n’est nullement question de prévention mais de mesures ayant pour but d’empêcher la transmission. On commet la même erreur en parlant de “prévention” des cancers du sein avec la mammographie, mesure de dépistage et non de prévention.

Dans le cas du COvid 19, on nous parle des pangolins, des chauve-souris, tout comme on nous a parlé des poulets (grippe aviaire), des cochons (grippe porcine), des moustiques (SIDA, typhus), la vache (“la vache folle”) des rats (la peste)…on voit qu’il y a toujours un “autre” coupable que nous, un ailleurs et que les animaux sont toujours impliqués dans la transmission

Mais pourquoi? Comment? Qu’est-ce qui cause l’apparition d’un virus chez un animal? Chez les humains ? Nous avons aujourd’hui, grâce à notre technologie, nos bibliothèques et nos chercheurs, accumulé toute une connaissance sur les pandémies et les épidémies récentes sans compter les recherches sur les grandes pandémies du passé. Celle-ci est loin d’être la première et la médecine chinoise, comme toutes les médecines anciennes, en a vécu sa part et en a tiré des enseignements qui peuvent nous être utiles.

Dire médecine chinoise, ces jours-ci, est à double tranchant. Pour certains, la Chine est désormais associée à la pire pollution et à un manque de respect absolu pour la faune et la flore. L’épidémie qui a démarré au Wuhan n’aide pas avec la responsabilité que l’on fait porter aux marchés de faune sauvage. La médecine chinoise n’en sort certes pas indemne puisque c’est elle qui utilise les écailles de Pangolin comme remède traditionnel, les cornes de rhinocéros, la bile d’ours et bien d’autres remèdes qui incluent maltraitance et exploitation du monde animal, totalement inacceptables et à dénoncer clairement aujourd’hui mais qui ne diffèrent guère de nos abattoirs.

Jeanne Lacourt

Jeanne Lacourt, amérindienne de la Tribu Menominee

C’est pourquoi je parle de médecine chinoise écologique avec à la fois un retour aux sources et l’intégration des besoins écologiques modernes. La médecine chinoise a en effet connu bien des transformations au fil des dynasties, des guerres, des années de communisme, parfois interdite ou au contraire exaltée pour des besoins nationalistes.

Le Taoïsme où elle puise sa source a aussi beaucoup évolué et subi, comme toutes les religions, une décadence au fil des siècles. Par le fait même d’ailleurs qu’il soit devenu une religion, ce que ses fondateurs refusaient catégoriquement. Les anciens taoïstes étaient fondamentalement des rebelles qui s’opposaient déjà, il y a 3000 ans, à la déforestation massive que les premiers gouvernements centraux de Chine entreprenaient pour faire place aux monocultures intensives de riz et de céréales. Les Taoïstes d’alors y voyaient une manière pour le gouvernement de créer des masses paysannes imposables, corvéables à merci et une réserve à soldats pour ses armées. On trouve par ailleurs dans de nombreux textes anciens, une abhorrence des nourritures “sanglantes”, de la consommation de la chair morte et des graines stockées où pouvaient se développer des parasites, ce que la plupart des pratiquants taoïstes ou de médecine chinoise semblent ignorer ou préférer ignorer.

Il ne s’agit donc pas de se référer au Taoïsme ou à la médecine chinoise comme à des textes bibliques. Ils sont eux aussi criblés de superstitions, de contradictions et de diktats politiques et sociaux. Il ne faut pas craindre de mettre en parallèle médecine d’aujourd’hui, recherche moderne avec cette médecine ancienne. L’idéalisation de qui ou quoi que ce soit - taoïsme, cultures aborigènes, médecine, religion - n’est jamais de bon aloi et débouche forcément sur des fondamentalismes et intégrismes dangereux.

Nos médecines anciennes et modernes ont tout à gagner d’un rapprochement. La médecine chinoise parce que la technologie permet d’illustrer et valider ses affirmations. La médecine moderne parce que la médecine chinoise remet la médecine dans un réseau d’interdépendance de l’humain avec son environnement. Il est triste de constater que les deux médecines sont elles-mêmes devenues fléau écologique. Côté occidental, médicaments et déchets polluent nos rivières et cours d’eau…des traces d’anti-dépresseurs dans la Tamise aux nombreux médicaments détectables au sein de nos nappes aquifères. Nous expérimentons à tour de bras sur des millions d’animaux que nous inoculons, coupons, rendons malades au nom de notre science et du service à l’humanité. Qu’est-il advenu du serment d’Hippocrate? Côté médecine chinoise, les animaux sauvages sont abattus sans vergogne et des plantes médicinales de mauvaise qualité sont passées au soufre ou aux pesticides.

Il y a du ménage à faire! Ces deux médecines doivent se rejoindre, débarrassées de leurs œillères, de leurs dogmes et dérives et nous devons puiser dans le meilleur de chacune au regard des besoins de tous les habitants de notre planète dont l’interdépendance est de plus en plus démontrée, y compris dans la crise actuelle du coronavirus.

Dans tous nos stages, nous offrons donc aux participants de poser un regard neuf avec les outils de cette médecine écologique, qu’elle provienne de la médecine chinoise, amérindienne ou occidentale. Qu’est-ce qui constitue un système immunitaire par exemple, sa force ou sa défaillance? Pourquoi et comment celui des animaux est-il aussi défaillant? Pourquoi avons-nous aujourd’hui des épidémies de diabète (première maladie chronique à avoir été placée par l’OMS au même rang que les épidémies et pandémies étant donné la vitesse de son développement au niveau mondial.)

Ce qu’offrent nos stages de cet été vient du désir de donner des outils concrets alliés à des connaissances solides. Nous nous devons de connaître notre corps et ses besoins dans un ensemble global, et c’est là que les trésors de médecine chinoise et les enseignements amérindiens sont inestimables parce qu’ils intègrent d’ores et déjà cette interdépendance de l’humain et de son environnement, affirmant qu’ils sont composés des mêmes éléments : arbre, feu, terre, métal et eau. Lorsqu’on ouvre ces images et qu’on intègre que notre Foie est notre arbre interne par exemple, d’ores et déjà, notre rapport à nous-mêmes et aux arbres change.

Notre université démarre avec un stage de cuisine. Pourquoi? Parce que l’alimentation est notre première relation à la terre. Les êtres vivants de la planète ont tous en commun de respirer, manger et boire. La médecine chinoise ancienne a toujours placé la réflexion sur l’alimentation au centre de son approche, à la fois comme cause et remède de maladies diverses. Aujourd’hui, notre consommation de viande et notre exploitation du bétail constituent la première cause de déforestation. On ne peut plus l’ignorer. Les maladies dont souffrent nos animaux torturés nous sont transmises de mille et une manières, du mercure dans les poissons et aux pesticides de nos monocultures qui, comme le petit Poucet, tracent un chemin jusqu’à la maladie de Parkinson, des antibiotiques donnés aux animaux et auxquels les humains deviennent résistants. Les exemples sont infinis. Nous sommes UN n’est plus une belle affirmation spirituelle téléchargée dans un état de trance ou méditatif. Elle est désormais inscrite dans la matière, dans nos réseaux électriques, dans nos technologies et …dans nos virus.

Didier Cuzange, chef cuisinier

Didier Cuzange, chef cuisinier

Dans ce premier stage nous apprenons à cuisiner avec conscience, intégrant l’avenir et les besoins des animaux et de notre planète. “Pour qu’un futur soit possible nous dit le grand maître bouddhiste Thich Nhat Hanh, il nous faut nous tourner vers une autre alimentation. Néanmoins, le choix végétarien ou vegan n’est pas un choix “alimentaire”. C’est un choix éthique et écologique. Tout le travail reste ensuite à faire pour rendre ce choix équilibré. Cocaïne et sucre sont aussi vegan!. Le végétarianisme est avant tout l’ affirmation d’un rapport aux animaux. Sinon, on devient vegan ou végétarien et on abandonne quelque temps plus tard parce que “ça ne marche pas pour moi…j’ai essayé”. Il y a confusion de niveau. Etre végétarien est la base à partir de laquelle construire. Comme le notait Gandhi, la décision du végétarianisme doit venir du cœur pour tenir dans la durée.

Ce stage a donc pour but de donner les outils nécessaires pour devenir vegan et le rester…des outils simples et quotidiens dans notre vie moderne. Nous resterons toujours dans la perspective écologique des besoins de la planète.

Notre deuxième stage se penche sur le système hormonal et les nombreux désordres qui le caractérisent…ce qui n’est guère étonnant étant donné la relation entre les nombreux “perturbateurs endocriniens” de notre environnement (pesticides, plastiques, cosmétiques et autres productions bio-chimiques.) Les femmes sont directement touchées dans leur physiologie qui, par ses fonctions reproductrices et le rythme de ses cycles, tend à signaler de manière intempestive les déséquilibres hormonaux sous-jacents. Pourtant, ce système hormonal, à la jonction de l’intuitif, de l’émotionnel et du physique, recèle des trésors qu’il est temps de retrouver et explorer. Pour cela, il nous faut connaître notre corps, reprendre le dialogue avec lui et notre Terre que les tribus aborigènes appellent bien sûr “Notre Terre Mère”…le féminin sacré n’est pas à découvrir dans une autre dimension, en trance ou ailleurs…il est là inscrit dans chacune de nos cellules, dans la magnifique architecture de ce corps qui crée la vie. Il serait dommage de continuer à voir dans nos hormones une source de problèmes et d’ignorer leurs dons. Par ailleurs santé hormonale et santé immunitaire sont indissociables et il est urgent de faire leur connaissance!

Le dernier stage est un stage de jeûne. Etonnant après la cuisine et les hormones? Pas vraiment…ce jeûne est basé sur des jus verts, la respiration à travers le qi gong dynamique et statique, la méditation et la pratique des rêves et de leur interprétation. Cette pratique ancestrale de méditation et contemplation au travers du jeûne, qui va au-delà de notre conception moderne de “détox” permet de “ré-initialiser” notre système en quelques sorte, de remettre le compteur à zéro. Cette année, cela sera sans aucun doute plus important que jamais…juste avant l’automne, la rentrée et la saison associée au Métal des Poumons en médecine chinoise. L’automne peut signales la réapparition des grippes et rhumes si le système immunitaire est faible. Le jeûne AVANT cette saison permet de se poser, de faire le point et de démarrer de nouvelles habitudes de vie, de revoir ces résolutions non tenues mais qui, grâce au jeûne, peuvent avoir une meilleure base. Dans ce jeûne, nous donnons autant d’attention à l’APRES du jeûne qu’à son déroulement car bien des pratiques de jeûne échouent par ce manque de transition.

N’importe quel sot peut faire un jeûne. Seul le sage sait le terminer” dit un dicton populaire de l’Inde.

3 semaines (complémentaires ou indépendantes) pour se régénérer, des outils de Qi Gong (“pratique du souffle”) et de méditation pour reprendre la route, se connaître et se préparer à l’automne de 2020 qui restera encore “l’année de l’épidémie”. Savoir prendre soin de soi.

Pour plus de détails voir: http://huberderie.ovh/index.php/stages-seminaires-2020/